Introduction
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est désormais reconnu comme un trouble hétérogène, c’est-à-dire que ses manifestations cliniques, son évolution, et sa réponse aux traitements varient fortement d’un individu à l’autre. Pour améliorer la prise en charge, les recherches récentes s’orientent vers l’identification de sous-types diagnostiques (subtypes) basés sur des biomarqueurs neuronaux, afin de prédire les risques, adapter les thérapies, et améliorer les résultats cliniques.
Contenu de la recherche
- Une revue systématique (53 études, dont 44 basées sur des symptômes et 9 sur une approche de « data-driven ») a été publiée en mai 2025 dans Psychological Medicine, qui examine les sous-types du TSPT et les biomarqueurs associés. Cambridge University Press & Assessment+1
- Les résultats montrent que certains réseaux cérébraux sont fréquemment impliqués dans ces sous-types : le réseau default-mode (DMN) et le réseau de salience. Cambridge University Press & Assessment+1
- Le rôle des comorbidités (par exemple trouble dépressif, trouble anxieux) est encore peu étudié : seulement quelques-unes des études prises en compte les considèrent explicitement. Cambridge University Press & Assessment
- Moins de quatre études ont testé si ces « biotypes » / profils neuronaux pouvaient prédire la réponse au traitement. Cambridge University Press & Assessment
Implications cliniques & de recherche
- Personnalisation des traitements : si on peut identifier que certains patients partagent un profil neuronal particulier, cela pourrait guider le choix de la thérapie (exposition, thérapie cognitivo-comportementale, EMDR, etc.), ou même d’approches biologiques complémentaires.
- Détection précoce : des biomarqueurs neuronaux pourraient servir à identifier les personnes à haut risque de développer une forme chronique ou sévère de TSPT, ce qui permettrait d’intervenir tôt.
- Recherche future nécessaire :
- Plus d’études avec des tailles d’échantillon grandes.
- Intégrer les comorbidités systématiquement.
- Validation des sous-types / biotypes chez diverses populations culturelles pour garantir que les biomarqueurs identifiés soient applicables dans différents contextes.
- Tests longitudinaux pour voir si les sous-types sont stables dans le temps et prédictifs des résultats.
Limites
- Beaucoup d’études sont transversales, ce qui rend difficile l’interprétation des relations de cause à effet.
- Risque de sur-interprétation : les biomarqueurs neuronaux (imagerie, connectivité, etc.) sont coûteux, peu accessibles dans beaucoup de contextes, surtout en pays à ressources limitées.
- Diversité insuffisante des échantillons : âge, genre, origine ethnique, contexte culturel souvent sous-représentés.